9 – Les mérules et autres champignons lignivores

 

La mérule est une espèce de champignon dit lignivore qui a pour particularité, en présence d’une humidité anormalement élevée, en milieu chaud et confiné, de dégrader les bois d’œuvre des bâtiments et leurs dérivés, affectant la qualité d’usage des édifices jusqu’à mettre en péril la solidité de la structure.

Ce champignon peut commencer son action destructrice à partir d’une humidité des bois de 20-22% en se nourrissant de la cellulose et la lignine contenu dans le bois (toutes essences confondues).

La mérule se manifeste en surface par l’apparition d’une substance semblable à de la ouate épaisse et blanche ou à une toile d’araignée qui vire ensuite au gris. Les filaments gris argenté du mycélium d’un diamètre de 6 à 8 mm peuvent aller jusqu’à plusieurs mètres de longueur; ils s’insinuent subrepticement au cœur du bois et prospectent à travers les joints de maçonnerie (bâtiments mitoyens compris) pour trouver la source d’humidité nécessaire à sa survie. Lorsque les conditions sont réunies, l’infestation fongique se développe de façon impressionnante en grandissant dans toutes les directions jusqu’à 12 cm par semaine.

La mérule ne s’attaque pas aux bâtiments par hasard, les facteurs propices à son développement sont l’humidification récurrente et excessive associée à un niveau de température idéal entre 20 et 30°.

Un habitat bien conçu, convenablement entretenu et aéré ne saurait être infesté; à côté des cas de fuite d’eau insidieuse ou d’inondation, et des résidences secondaires inoccupées pendant de long mois, c’est plus particulièrement le bâti ancien ayant subi une réhabilitation qui est victime de ce terrible champignon lorsque des modifications ont entraîné une diminution du renouvellement d’air par rapport à la situation initiale.

Parmi les signes qui doivent alerter tout occupant du lieu, on peut citer tout d’abord une odeur caractéristique de champignon et des traces visibles suspectes de petites taches de mousse blanche, des poussières orangées, des éléments en bois ramollis ou gondolés. Les efflorescences brunes qui apparaissent sur les supports (murs, sols ou plafonds) sont déjà la traduction d’une évolution très avancée de la mérule !

En tout état de cause, si la présence de mérules est suspectée, il convient de réagir très vite pour le cas échéant tenter d’endiguer le mal: un diagnostiqueur sera à même de traduire le type exact de champignon et identifier les zones infestées (la mérule peut par exemple être confondue avec le « coniophore des caves », cependant ce dernier attaque des bois à des humidités supérieures à 40% et prend une couleur très claire; d’autres formes de champignons lignivores peuvent par ailleurs être rencontrées).

Lorsque la présence de mérules est avérée, l’examen des locaux par un expert permettra de déterminer les mesures à prendre pour leur éradication. La résolution du problème d’humidité est un préalable avant le traitement curatif proprement dit par une société spécialisée chargée de purger les bois dégradés et de les traiter à l’aide de produits fongicides.

Travaux d’assainissement, mesures d’assèchement, traitement parasitaire, remplacement des bois abîmés, reconstruction des maçonneries disloquées sont des opérations au final très coûteuses alors que les sinistres ne sont généralement pas couverts par les assurances.

Il est important de rappeler que, comme un autre type de parasite menaçant les bâtiments qu’est le termite, ce dangereux champignon est bien souvent invisible pour le particulier. Il est notamment fortement recommandé aux acquéreurs d’un logement d’être vigilants quant à des traces d’humidité anormales en prenant toute précaution utile avant l’achat d’un bien pour savoir s’il n’est pas infecté.

Les mérules sont des champignons, qui dans les constructions, s’attaquent aux bois (notamment aux charpentes et boiseries) des maisons humides et mal aérées.

La présence de mérule est généralement consécutive à une rupture de l’équilibre hydrique des bâtiments entraînant un taux anormalement élevé d’humidité des éléments de bois. La rupture hydrique apparaît bien souvent à la suite de défauts d’entretien, de dégâts des eaux ou d’erreurs de conception lors de réhabilitations (enduits étanches intempestifs, obturations des ventilations, non-respect de l’équilibre originel de la construction).

C’est donc aux locataires, propriétaires, maîtres d’ouvrages et maîtres d’œuvre qu’il appartient d’être vigilants notamment lors des travaux de réhabilitation. Il convient pour cela de respecter le bon fonctionnement du bâti vis-à-vis de l’humidité, d’une part en adaptant les éventuels travaux au mode de fonctionnement particulier du bâtiment et au comportement des occupants et, d’autre part, en surveillant et en entretenant régulièrement le bâtiment.

Le ministère en charge du logement a réalisé dès 2006, en partenariat avec l’agence nationale de l’habitat (ANAH), un guide de bonnes pratiques en réhabilitation visant à éviter l’apparition de la mérule.

Pour télécharger ce guide intitulé "Prévention et lutte contre les mérules dans l’habitat" cliquez sur : http://www.logement.gouv.fr/IMG/pdf/guide_prevention_et_lutte_merules_122007.pdf

La 8loi n°2014-366 du 24 mars 2014 pour l’accès au logement et un urbanisme rénové (dite loi ALUR) – article 76 - instaure un dispositif de lutte contre la mérule.

Cette loi prévoit un dispositif d’information s’articulant autour des connaissances et des caractéristiques locales de développement du champignon. Il est organisé à partir du modèle déjà mis en place pour la lutte contre les insectes xylophages (termites) et l’état des risques naturels et technologiques.

Cette information est à double niveau: les mairies sont informées par les occupants de bâtiments de la présence de mérule dès qu’ils en ont connaissance et en dehors de toute transaction immobilière; l’acquéreur est informé avant l’acquisition.

Cette solution présente l’avantage de donner des informations en dehors des cas de changement de propriétaire.

Cette loi instaure donc des obligations:

Il n'existe pas à ce jour d'arrêté préfectoral de délimitation de zones de présence d'un risque de mérule avéré pour le département du Haut-Rhin.

Pour en savoir plus :http://www.logement.gouv.fr/merules-et-autres-champignons-lignivores